On imagine souvent que le soleil provençal protège les façades. C’est vrai pour les murs plein sud, qui sèchent vite. Mais dans les Bouches-du-Rhône, les faces nord, les pieds de murs ombragés par les pins et les façades des vallons de l’Huveaune restent humides de longues semaines en hiver : les mousses, algues vertes et lichens orangés s’y installent volontiers. À Aubagne, au pied du Garlaban, on les retrouve aussi sous les débords de toit et autour des descentes d’eau pluviale.
Le salpêtre est l’autre grand ennemi : ces efflorescences blanches trahissent une migration de sels depuis le sol, fréquente sur les maisons anciennes en pierre ou en moellons. Les nettoyer à grande eau ne fait qu’aggraver le phénomène en réinjectant de l’humidité. Il faut brosser à sec, traiter la cause (remontées capillaires, drainage) puis appliquer des produits adaptés.
Près du littoral, de La Ciotat à Marseille, les embruns déposent du sel qui attaque les enduits et les armatures du béton. Enfin, le long des axes très fréquentés (A50, A52, zones d’activités), la pollution forme des croûtes noires tenaces. Ajoutez le mistral, qui projette sables et poussières, et les épisodes de pluies intenses de l’automne : notre climat demande des méthodes douces mais rigoureuses, et un calendrier choisi. Nous privilégions le printemps et le début de l’automne, hors fortes chaleurs, pour que le support sèche correctement avant la mise en peinture.